Peintres de Concarneau

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Emile et Jules Bastien-Lepage

Emile Bastien-Lepage - Salon de 1903

Ce document de mauvaise qualité scanné sur le catalogue du salon de 1903 ofrre une vue inhabituelle et exceptionnelle du port de Concarneau. Cette œuvre a été réalisée par Emile Bastien-Lepage architecte, peintre, jeune frère du célèbre Jules Bastien-Lepage (1848-1884). Le musée d'Orsay consacre à Jules Bastien-Lepage une exposition du 6 mars au 13 mai 2007. Dans le catalogue de l'exposition, Emmanuelle Amiot-Saulnier met en valeur l'autorité internationale de ce peintre décédé à l'âge de 36 ans. C'est l'occasion de montrer l'influence de cet artiste sur les peintres américains à Concarneau et l'intense activité artistique durant cette décennie dans notre ville.

Jules Bastien-Lepage

Dans le volume " Americans in Brittany and Normandie (1860-1910) ",   David Sellin cite quelques extraits significatifs de cette présence à Concarneau : parlant de " Châteaux en Espagne " œuvre d'Alexander Harrison présentée au Salon de 1882 :
" les critiques français du Salon de 1882 firent des louanges enthousiastes aux Américains qui apportaient fraîcheur et originalité de style au Salon, " Châteaux en Espagne " fut un succès remarqué. Cette toile retint aussi l'attention de Bastien-Lepage alors au sommet de sa popularité. Ce fut à l'origine d'une amitié entre les deux artistes. L'influence de Bastien-Lepage sur cette génération d'artistes américains ne peut être surestimée. Son art était compréfensible en ce qui concerne l'interprêtation directe et personelle de la nature, il échappait à la traditionnelle convention de l'atelier et alliait une virtuosité dans le maniement de la peinture. Considéré comme réaliste par certains, comme naturaliste par d'autres, Bastien était pour beaucoup un" primitif "... La compagne et amie de Bastien, Marie Bashkirtsev visita fréquemment Concarneau où son cousin Bojidar Karadjordjevic avait un lien où l'on pouvait à la fois pêcher et faire des esquisses sur la côte, 4 miles plus bas où Sarah Bernhart venait peindre. Marie était bien connue parmi les peintres américains et peut-être fut-elle à l'origine de la présence de Bastien là-bas en 1883 et 1884. Ils étaient tous les deux bien connus de Simmons, Harrison et les autres. Simmons évoque Bastien : " Un jour je le surpris en train de peindre une esquisse d'une petite église de pierre sur le rivage en bordure de la ville, quelque chose que nous avions tous essayé. Il dessinait et peignait avec un soin méticuleux chaque ardoise du toit aves son petit lichen. Je mis le sujet sur le tapis après diner quand nous étions assis à la terrasse à boire notre café. M. Bastien, dis-je, (personne ne l'appelait jamais Lepage), LeFebvre, Boulanger, Cabanel et Duran nous ont appris à tous à ébaucher à grands traits notre sujet et à n'y mettre que les détails qui sont absolument nécessaires. Je vous ai vu peindre chaque ardoise de ce toît pour elle-même. Comment se fait-il ? Il rit. J'ai essayé toutes ces diverses méthodes mais aucune ne m'a donné ce que je voyais. Aussi, maintenant, je fais tout, aussi consciencieusement que je peux, puis j'emporte mon tableau à Paris et, dans mon atelier, loin de la nature, je juge de l'ensemble et enlève tous les détails superflus. Oui, dt Harrison, mais quand nous voyons votre tableau au Salon nous ne pensons pas que vous avez fait ce que vous dites. Il leva les mains en l'air, Hélas ! Hélas ! Sacré Nom de Dieu ! Vous avez raison. J'en suis si amoureux que, quand je le vois dans mon atelier, je ne peux supporter d'y toucher. Dans tous les pays les jeunes les plus prometteurs imitaient franchement son travail avec son idéal de représentation exacte de la nature telle qu'elle est vu à l'extérieur, tout étant peint sur place avec une lumière grise afin qu'il y ait le moins de changement possible dans l'effet pendant le travail."

Dans l'index des œuvres de Jules Bastien-Lepage le catalogue de l'expo mentionne "Eglise de Concarneau". Il s'agit sans doute de l'église de La Croix que décrit le peintre américain Simmons présent à Concarneau de 1881 à 1885.

 

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