Daucho : Pont-Aven - Concarneau
C'est à partir de 1923 que Fernand Dauchot, né à Paris d'une
famille d'origine belge, commence à fréquenter Pont-Aven. Il y épouse une jeune
fille de Nizon en 1925. Aptès son installation en 1933 à Riec-sur-Belon, puis quelques
absences de Bretagne, il revient à Pont-Aven où il construit sa villa "Five
fingers" sur le coteau du Bourgneuf. Daucho, qui a perdu le bras gauche pendant une
offensive durant la guerre 14-18, nomme ainsi, avec l'humour souvent féroce qui le caractérise,
la demeure où son nouveau style va s'épanouir. "J'ai toute la comédie
humaine" affirme le peintre qui a abandonné le"t' final de son patronyme pour
ne pas être confondu avec le peintre Gabriel Dauchot. Après les paysages classiques
de ses débuts, son œuvre décline alors, sur un mode souriant ou sarcastique,
les évènements petits et grands qui marquent son actualité. La ligne droite,
alliée à des segments de cercle devient dorénavant la règle maiîresse
qui régit ses toiles avec un effet décoratif volontaire pour les soustraire au temporel.
La géométrisation a fait son apparition depuis longtemps dans l'art. Daucho va jusqu'au
bout du choix pris en 1959, s'en tenant à une ligne de conduite irréversible. En juillet
2001, lors du vernissage à la Chap'l, Anne-Marie Mahauden, la fille du peintre, expliquait: " Mo
père voulait changer de style, cela le tracassait. Homme très sensible, il a beaucoup
souffert moralement et physiquement. De caractère indépendant, il fuyait la foule." Cela
lui vaudra une réputation de personnage au contact difficile. Ses amis, les peintres Asselin
puis Vlaminck, resteront fidèles au peintre solitaire. En 1971 il s'installe à Port-Louis
et décède en 1962 à Riantec.
La mise en œuvre de l'exposition rassemblant 70 toiles avait été confiée
par la ville aux galeristes Jean-Michel et Françoise Gloux, montée grâce aussi à l'aide
de la galerie Ernest de Pont-Aven et de collectonneurs
privés.
Yvon Le Floc'h Ouest-France du lundi 2 juillet 2001
Après avoir restauré bénévolement 15 toile du peintre, Dauchot a publié en
1952 un article sur Meyer de Haan en Bretagne. Autres articles consacrés à Emile Jourdan
en 1943 et au "Christ jaune" de Gauguin.