Edouard Doigneau, aquarelliste distingué
Un carnet d'aquarelles, c'est un peu le cœur et l'âme du peintre.
Il s'y confie au jour le jour, y respire sans artifice. Page après page, l'artiste y décrit
son itinéraire, y traite ses thèmes favoris. C'est autour d'un de ces précieux
carnets que la galerie Gloux a bâti son exposition.
De belles images classiques
Doigneau, maître de sa technique, excellent dessinateur, donne libre cours à sa vision
champêtre. Par larges touches il jette les bases de son paysage, sur fond de papier gris, y
ajoutant quelques rehauts de craie. Puis, pour le plaisir, ce maître ex-animalier croque les
animaux d'une nature qu'il a choisi domestiquée ou encore quelque cheval au repos près
de l'un de ces nombreux petits cirques de l'entre-deux-guerres. Rien de révolutionnaire dans
tout cela, mais de belles images heureusement colorées. En artiste sensible, de formation
classique, Doigneau propose des compositions de plein air telles qu'on les appréciait dans
la première moitié du siècle. Il est né à Nemours en 1865. Polytechnicien
de la promotion 1885, il abandonne la carrière militaire pour une formation artistique à l'atelier
Jules Lefebvre. Dès lors il entamme la carrière traditionnelle des peintres itinérants.
De Bretagne en Camargue, de la forêt de Fontainebleau aux bords de la Loire ou en Afrique du
Nord avec retours réguliers dans son atelier parisien. Sociétaire des Artistes Français,
il participe également aux expositions de la Société des aquarellistes et des
orientalistes. D'allure bourgeoise, grande cape et col cassé, il est le type de cette multitude
de petits maîtres, doués d'un solide métier, à la recherche d'images pittoresques.
La Bretagne et, en particulier le pays bigouden, l'aura sur ce point pleinement comblé.
Yvon Le Floc'h, article paru dans Ouest-France. le 14 avril 1987.
"Ayant très tôt fait montre de dons pour le dessin et la peinture,
il abandonne en 1900 une carrière militaire commencée en 1887 pour se consacrer exclusivement à la
peinture. Qu'il se trouve sur les rives du Loing, de la Loire, en Fotêt de Fontinebleau,
en Bretagne ou en Camargue, rien n'échappe à ses investigations d'artiste, tout est
noté avec calme et sérénité, sans que son grand métier ne masque
jamais sa sensibilité. Ses œuvres sont présentent au musée du Luxembourg,
de Chatillon-su-Seine, Arles, Nemours, Orléans, Reims, Bangkok et Uzès. Il meurt âgé de
89 ans en 1954". Galerie Gloux.

Doigneau, peintre du littoral par Romane Petroff, édition du Chasse-Marée
1996

Doigneau par Anne-Marie Lemoussu-Chiron et Paule Boucher-Doigneau, édition coop breiz