" Henri Guinier, lorrain de Nancy, fut attiré à Concarneau
par Le Gout-Gérard, normand de Saint-Lô. Ils s'étaient connus et liés à Paris
dans une communion d'art et de goûts. Pour le second comme pour le premier, l'emprise fut
immédiate. Sitôt en présence de Concarneau, Henri Guinier y acheta une villa,
qui fut sa résidence d'été, à laquelle il demeura fidèle jusqu'à sa
mort. Il en étudia les aspects, les lumières, les bateaux (Quel peintre peut résister à un
thonier sous voiles !). Peut être fut-il attiré plus spécialement par
la forme humaine, portraît d'atelier ou études en plein air. Il fut assez doué pour
réussir en tout genre".
Camille de Montergon, Histoire de Concarneau 1953.
" C'est sur les conseils de son père qu'il entre à l'Ecole des Arts et Métiers
de Châlons-sur-Marne, dont il sortira ingénieur en 1889. Ce qui ne l'empêchera
pas de se consacrer à sa passion, la peinture. Il suivra les cours de Jules Lefebvre et de
Benjamin Constant. sa carrière fut rapide et brillante, dès 1896 il obtient le second
prix de Rome, une médaille d'or au Salon de 1898 qui le mis hors concours. Il était
membre du jury et membre du comité de la Société des Artistes Français...
En Bretagne, il travaille sur le motif... Ses charmantes communiantes et les belles études
en plein air, de paysans ou de marins qu'il exécutait à Concarneau". A Paris il
mène une carrière de portraitiste ". Il fut président de l'Union Artistique
des Amis de Concarneau, Alfred Guillou et Harrison, vice-présidents, et Labitte, secrétaire-trésorier.
Les expositions-ventes sont organisées chaque année, de juillet à fin septembre
au-dessus des Halles ".
(Extrait des " Peintres de Concarneau " par Henri Belbéoch) Catalogue de l'Hôtel
des ventes de Brest, 20 mai 2001.
Revue La Bretagne touristique, revue mensuelle illustrée, 15 juin 1924 : La Bretagne
au Salon de 1924 par Auguste Dupouy
Salon de 1923 : " Chez Guinier on trouve d'excellentes qualités
d'observation dans deux crayons de vieilles femmes, très poussés, dont l'un est reproduit à l'huile
sur un fond de chapelle, et dans un magnifique portrait de loup de mer également à l'huile
sous le suroît aux fulgurantes cassures. J'avais oublié de signaler du même peintre
une saisissante marine, des roches vues d'en haut parmi l'offensive des lames, sans ciel. "
Salon de 1924 " Les vieux de Guinier sont très remarqués.
Bon portrait d'un paysan et d'une paysanne bigoudenn assis sur les marches d'un calvaire, à deux
pas de la mer sauvage et accordé dans une rumination paisible qui contribue à les rendre
représentatifs, d'un âge, d'une classe, d'une race. Le métier, très probe,
n'évite aucune difficulté. Peut-être a-t-il le tort de les souligner toutes.
Ce détail nuit un peu à la signification de l'ensemble. Trois dessins colorés
du même peintre témoignent mieux des scrupules de son analyse ".
