La jambe cassée de Gauguin à ConcarneauDe très nombreux volumes et sites sont consacrés à Gauguin. Il ne s'agit pas ici de refaire l'histoire mais plutôt de rappeler un épisode des aventures tumultueuses du peintre qui a fait la rtenommée de l'école de Pont-Aven, et, plus particulièrement, de rappeler un évènement rocambolesque qui s'est produit à Concarneau le 25 mai 1894." Installé en Océanie il rentre pour un court séjour en France de 1893 à 1895. La maladie, les difficultés financières, un héritage familiale le ramène pour deux ans en France (Bernard Dorival dans " Les étapes de la peintere contemporaine"). Au mois d'avril de cette même année, Gauguin et sa nouvelle maîtresse, Anna la Javanaise, accompagnée de son singe Taoa, descendent dans le nouvel hôtel de Marie-Jeanne Gloanec à Pont-Aven: l'hôtel des Ajoncs d'or avant de s'installer au Pouldu dans la villa louée par le peintre Slewinski. Venu en bateau visiter Concarneau en compagnie de Seguin, Jourdan, un anglais et leurs dames, ils sont selon Filiger, agressés par des pêcheurs. Lettre de Charles Filiger à Jules Bois le 1er juin 1894 parues dans "Le chemin de Gauguin, genèse et rayonnement" Musée départemental du Prieuré, Saint-Germain-en-Laye 1985, conservatrice: Marie-Amélie Anquetil. "Vous savez peut être déjà par les journaux que Gauguin a eu la jambe cassée à Concarneau la semaine dernière? ( ndrl: Il s'agit du tibia droit cassé à la hauteur de la cheville). La cause, une partie offerte par ce dernier aux amis Seguin, Jourdan, un anglais et les dames de ces messieurs. La négresse de Gauguin, paraît-il, attira fort la curiosité des gamins de l'endroit au point qu'ils en vinrent à lancer des pierres sur nos promeneurs. Seguin, outré de ce méchant procédé, se crut en devoir de tirer les oreilles à un des gamins, et, de là, une bagarre où les pêcheurs vinrent en foule prêter la main aux petits afin de venger la correction donnée à un des leurs. et c'est pour défendre Seguin, sur qui tout le monde allait tomber, que Gauguin a eu la jambe cassée. Enfin, tous nos artistes reçurent de forts coups de tampons jusqu'à ces dames, qui, gràce à leur corset, furent quelque peu préservées de la brutalité de la foule. L'une d'elles surtout eut fort à faire pour garantir la pauvre petite négresse qui criait comme un singe irrité. et que la foule aurait écharpé sans pitié. J'ai été rendre visite à Gauguin à Pont-Aven le lendemain de l'accident car cette nouvelle m'avait vivement émotionnée et j'aime beaucoup Gauguin qui a toujours été plus que bon envers moi...Lettre de Gauguin à William Molard, Pont-Aven, septembre 1894 " A propos d'Annah, à Concarneau, on nous a jeté des pierres. J'ai asommé de deux coups de poing un pilote qui m'avait attaqué, alors il a été chercher l'équipage de son bateau et quinze hommes sont tombés sur moi; J'ai repris le combat, maître du terrain et de moi. Lorsque mon pied a buté dans un trou et, en tombant, je me suis cassé la jambe. A terre les coups de sabot tombaient sur moi, et enfin j'ai été dégagé. Il a fallu me transporter à Pont-Aven, et je me soigne. Fini...peux plus." Lettre de Gauguin à William Molard, Pont-Aven, septembre 1894 extraits du catalogue de l'exposition "Le chemin de Gauguin" Prix de l'Ouvrage 1985, Prix Louis Bernier décerné par l'Académie des Beaux-Arts. |
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