Peintres de Concarneau

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Les peintres de la Ville Close


Henri Miloch


Larome


Le Toullec


Le Forestier


Guy Pennamen


Trannod


Jean-Jacques Barzic


à suivre


Les galeries de René Le Forestier et de Guy Pennamen

" Fanlaire " Piriou -Larome , figure de la Ville Close et la vitrine du sculpteur Le Goarant

Les galeries en Ville Close une page se tourne

En 2012 les galeries des peintres ont quasiment disparues, seules subsistent la galerie Jean-Jacques Barzic et Frédétic Verrimst. Diverses galeries marchandes de tableaux, sculptures, photographies , ponctuent un parcours où alternent crêperies, marchands de glace, boutiques de vêtements et de souvenirs. Elles ont développé leur emprise dans ce lieu historique qui a accueilli une petite dizaine de peintres tenant boutique des années 1950 à 1980, et, le temps d'un été, pour quelques artistes en recherche d'acheteurs.
Au début étaient les stands.
Selon Guy Pennamen, l'un des piliers, arrivé en 1961, tout commence dès 1932. Cette année là le tourangeau Miloch ouvre un premier stand d'exposition place Saint Guénolé. Il sera suivi, quelques années plus tard de René Le Forestier, Jean-Louis Le Toullec en 1960 et Guy Pennamen en 1961. D'autres peintres, la plupart amateurs habiles, suivront : Donnard sous la signature de Trannod, Riotte, Verrimst, Luc Le Beau en 51, Jen-Jacques Barzic. Certains peintres se sont installés " hors les murs " ainsi Ravallec face à l'ancienne poste, Willy Bindels rue de la gare, Le Baccon et son peuple de gnomes décorant le bar " les Korrigans " avenue du Docteur Nicolas . Le texte ci-dessous fait un bilan de leur présence en 1986.
Le 6 août 1986, correspondant local du journal Ouest-France, j'écrivais :" En Ville Close, l'image typique fait toujours recette, un peintre peut en cacher un autre."
" Si cette imbécile de Gauguin avait fait 15 km se plus, on aurait aussi bénéficié de sa réputation ". Boutade certes mais qui révèle un complexe vis à vis des peintres exposant à Pont-Aven. L'étiquette " peintre de la Ville Close " n'est pas toujours facile à assumer à tel point que Trannod et Luc Le Beau ont préféré se taire tandis que, pour Pennamen : " un peintre qui travaille pour la gloire ça n'existe pas. Je suis dans le souk et je l'accepte volontiers ". Enquête délicate donc dans ce haut lieu de la peinture car on a tôt fait de classer tout le monde comme faiseur de" beffrois " et de " porte au vin "en séries. Le peintre Le Forestier y est sans doute pour quelque chose, pourtant, aujourd'hui, le cliché de peintre typique s'est modifié !
Au début était LaromeL'histoire des peintres de la Ville Close débute dès les années 1925-30. C'est, hors les murs, la grande époque des Barnoin, Ménardeau, Delpy et, d'avril à octobre, de toute une kyrielle de rapins en recherche de sujets typiques, brossant à pleine pâte, toile après toile le spectacle incomparable des thoniers dans l'avant port. Dans l'enceinte des remparts, que visite de temps à autre quelque riche bourgeois, vit une population de pêcheurs pauvres et laborieux. Piriou, dit "Fend l'air ", y est coiffeur perruquier,, il restaure aussi, à ses moments perdus, des meubles anciens. Un jour, un touriste remarque un rouet dans sa vitrine et lui en offre une somme rondelette. Cela fait tilt et Fend l'air devient brocanteur, antiquaire, accessoirement 'empailleur" éleveur de singe et de mangouste. Et, tant qu'à faire, il ouvre une " galerie d'art ". de Belay, Barnoin et d'autres artistes y accrocheront leurs toiles. Déjà, l'italien de Triestre, Miloch, qui habite Tours, commence à présenter ses œuvres place Saint Guénolé. Henri Miloch, comme tant d'artistes, parcours la Bretagne en quête de motifs. Présentées dans les galeries parisiennes, elles ne se vendent pas. l'idée d'un stand sur la place naît. Piriou, le coiffeur, se met aussi à couvrir quelques toiles qu'il signe sous le pseudonyme de Larome.
Voici 1936 et les congés payés, c'est le début des grandes migrations. Les murailles de la Ville Close plaisent aux visiteurs. A l'intérieur on leur propose des produits régionaux, des meubles bretons, des faiences de Quimper. La demande en " souvenirs " s'amplifie. Alors commence la production en série. Vieux bretons, beffrois, chaumières et autres marées basses plaisent. D'ailleurs, les prix sont à portée de toutes les bourses.
Peu à peu les peintres s'organisent : Le Forestier en 1950, Miloch et Toullec installent leurs stands sur la place. Sous la pression plus ou moins explicite des pouvoirs publics, ils devront occuper des galeries. Après Pennamen en 1961, Trannod en 1975, Luc Le Beau, Riotte, Barzic en 1982 et aussi Batinitch, F. Verrimst constituent la seconde vague. Quelques aquarellistes complètent le tableau durant la saison d'été. " Les touristes ont un plus grand choix " disent les peintres derniers arrivants " Il faut se partager le gateau et, en plus, il y a la concurrence de Pont-Aven " regrette un ancien. Cependant, de plus en plus de peintres souhaient faire leur nid en Ville Close.
Le meilleur d'eux-mêmes
Après une première période où les pionniers, pour s'installer dans leurs murs, ont souvent dû faire une peinture " alimentaire ", la production s'est diversifiée. Si le thême principal y est toujours et plus que jamais, le littoral breton, chaque peintre possède sa technique et sa personnalité, les influences n'étant pas exclues. Aquarelles et fusains, plumes, lavis et sanguines relayent maintenant la peinture à l'huile ou l'acrylique traditionnelle. Tous ici souhaitent donner le meilleur d'eux-mêmes, sans prétention. "Nous ne sommes pas des novateurs, nous sommes des petits garçons à coté des anciens". Artistes, artisans, commerçants ? un peu tout à la fois.
Un regret pour certains cependant : le spectacle n'est plus ce qu'il était. La peinture d'imagination remplace souvent le travail sur le motif à moins d'aller chercher dans les esquisses d'autrefois un supplément d'âme. Les photos de famille, les cartes postales anciennes, images passéistes ou folkloristes constituent aussi une ressource pour réaliser le produit que recherchent les touristes en quête de dépaysement. Dans ce " ghetto " de la peinture, la demande d'images stéréotypées est si forte que tout peintre y perdrait sa personnalité. Alors, bon an mal an, se perpétue dans l'uniformité et la monotonie, la reproduction avec plus ou moins de talent, d'une Bretagne des chaumières et des vieux loups de mer. L'équilibre de l'offre et de la demande est ainsi réalisée, à la plus grande satisfaction de tous.
Ce même été 1986, s'ajoutant aux galeries de peintres cités, des galeries marchandes offraient des expositions diversifiées. Ainsi La galerie éphemère Héolig avec Mikel Chaussepied et Carmelo de la Pinta et surtout la galerie Henry Depoid qui présentait de belles expositions de peintres reconnus d'Hirschfeld ou Fernand Le Gout-Gérard, tandis que la chapelle de la Trinité exposait la collection municipale enrichie d'œuvres appartenant au musée des Beaux-Arts de Quimper.

 

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